La tierce maintenance applicative se vend trop souvent comme une assurance magique. Le client croit que tout changement est inclus. Le prestataire croit que seuls les plugins sont inclus. Le conflit arrive à la première vraie demande. Cet article dit ce qu'un forfait TMA mensuel couvre vraiment chez un prestataire sérieux : le socle (maj, sécu, monitoring, backups), le volume d'heures ou de demandes, les hors-scope (refonte, nouvelles fonctionnalités, migrations). Il aide à comparer deux devis, et à choisir un vrai bon prestataire (voir « Maintenance WordPress : choisir un prestataire »).
🔎 Le socle : ce sans quoi ce n'est pas de la TMA
Mises à jour core / extensions / thème, testées (copie de test si le site encaisse). Sauvegardes restaurables, pas seulement « présentes ». Monitoring d'uptime et d'une sonde métier. Correctifs de sécu urgents. Un canal pour dire « c'est down ». Si une de ces lignes manque, vous achetez des clics mensuels, pas une tierce maintenance applicative.
Ce socle a un coût même sans demande métier. C'est pourquoi un forfait à 29 € sur une boutique Woo est un signal, pas une affaire.
🛠️ Les demandes : un volume, pas l'infini

Un forfait honnête dit : N heures ou N demandes de taille S. Un nouveau bloc, un CSS, un plugin à évaluer, un export. Au-delà, devis. « Illimité » veut dire soit que le prestataire refusera, soit qu'il a prévu de ne rien faire de risqué. Les deux sont mauvais pour vous.
On écrit des exemples : « changer le bandeau, oui ; nouveau tunnel, non ». Les exemples valent mieux que les adjectifs. Les adjectifs paient les avocats. Les exemples paient les demandes.
- Socle : maj, backup restauré, monitoring, sécu urgente
- Volume : heures ou demandes S/M définis
- Hors-scope : features, migrations, refontes, campagnes lourdes
- Délais : critique / normal / évolution
✅ Les délais : trois files, pas une colère
Critique (site down, caisse down) : heures. Normal (bug gênant) : jours. Évolution (le bandeau) : le prochain créneau du volume. Mélanger les trois, c'est ainsi que le bandeau passe avant le tunnel de vente. Le forfait doit dire qui priorise. Souvent : moi pour la prod, vous pour le reste dans le volume.
L'astreinte week-end n'est pas dans un forfait de vitrine à bas prix. Si vous la voulez pour Woo, elle se paie. Sinon le contrat ment ou le prestataire s'épuise et part.
⚠️ Ce qui se facture toujours à part
Refonte, nouveau site, migration de version majeure (Presta 1.7 vers 9), nouveau paiement, nouvelle langue, audit de campagne, passage headless. La TMA peut les préparer. Elle ne les « inclut » pas. Un prestataire qui les glisse dans le mensuel les fera mal, ou les facturera en silence plus tard.
Les licences (plugins premium, ACF, thèmes) : on dit qui paie. Les oublier, c'est une rupture le jour du renouvellement.
📌 WordPress, Woo, Presta, Symfony : le forfait change de densité

Une vitrine WordPress mince : socle léger. Une boutique : sondes tunnel de vente, copie de test obligatoire, demandes plus risquées. Presta : modules, mises à niveau. Symfony : Composer, CI, services isolés. Le mot TMA est le même. La charge n'est pas la même. Un forfait unique « tous nos CMS » sans distinction est un forfait qui n'a pas été pensé.
Je fixe le prix selon la stack et le désordre constaté (un audit d'entrée). Reprendre un monstre n'est pas le même mensuel que tenir un site que j'ai construit.
🧭 Comment comparer deux devis
Même socle ? Même volume ? Même copie de test ? Même monitoring ? Qui tient les accès ? Que se passe-t-il si le prestataire part (doc, dépôts) ? Le moins cher des deux qui n'a pas de copie de test n'est pas moins cher. Il a déplacé le coût vers le prochain incident.
L'article Maintenance WordPress : choisir un prestataire développe les questions à poser. Ici : si le devis ne tient pas en une page de périmètre, n'achetez pas trois pages de marketing.
💡 Faire vivre le forfait
Revue trimestrielle : heures consommées, demandes refusées, dette. Ajuster le volume. Un forfait figé trois ans sur un site qui a grandi est un conflit programmé. Un forfait trop large que personne n'utilise est de l'argent perdu, on le baisse.
La TMA n'est pas un abonnement Netflix. C'est un contrat de soin. On le relit. On le corrige. Sinon il pourrit, comme le site.
🧪 Ce que je mets dans les miens

Socle écrit, volume écrit, hors-scope écrit, accès et copie de test, monitoring listé, sauvegarde testée, 2FA et durcissement de base. Les features se devisent. Les crises se priorisent. Pas d'illimité. Pas de surprise sur un bandeau. Surprise possible sur une refonte : on en parle avant, on ne la déguise pas en demande.
Si votre forfait actuel ne ressemble à rien de tout ça, je peux le réécrire, ou vous pouvez changer de prestataire. Les deux sont moins chers qu'un incident de caisse.
🔎 Reporting : ce que je montre, ce que je ne théâtralise pas
Une fois par mois : maj faites, demandes, incidents, prochaine fenêtre, dette visible. Pas un rapport de 30 pages de « 12 000 malwares bloqués ». Le reporting d'une TMA sert à décider (augmenter le volume, lancer un nettoyage, rester). Il ne sert pas à justifier un plugin de scan.
Ce qu'un forfait mensuel couvre vraiment se lit aussi dans ce mail. S'il n'existe pas, le forfait est une ligne de prélèvement. Demandez-le. Exigez-le.
🛠️ Résiliation et réversibilité
Préavis, remise des accès, dépôts, documentation, dernière restauration. Un forfait qui vous lie par les accès n'est pas un forfait. C'est une prise d'otage. Je mets la réversibilité dans le contrat. Choisissez un prestataire qui la met aussi (voir « Maintenance WordPress : choisir un prestataire »).
La TMA se juge à la façon dont elle se termine autant qu'à la façon dont elle commence. Les deux se rédigent à la signature, pas à la dispute.
Illimité sur un forfait TMA veut dire : on refusera, ou on ne fera rien de risqué.








