TMA

TMA, MCO, infogérance : ce que ça veut dire

On vous vend de la TMA, du MCO ou de l'infogérance comme si c'était la même assurance. Ce n'est pas le cas. Avec l'AMS, ça fait quatre sigles et quatre périmètres. Les mélanger, c'est un trou le jour où le tunnel de vente tombe en 500.

TMA, MCO, infogérance, AMS : quatre étiquettes qui circulent dans les devis comme des synonymes. Elles ne le sont pas. La tierce maintenance applicative tient le code, les mises à jour, les demandes métier. Le maintien en condition opérationnelle tient l'état « ça tourne » d'un système déjà livré. L'infogérance tient les machines. L'AMS anglo-saxon recouvre souvent la TMA, parfois plus. Cet article dessine les frontières. L'article Infogérance vs TMA : deux métiers différents zoome sur le trou entre serveur et application. Ici on aligne tous les contrats, y compris le MCO qu'on vous colle dès qu'il y a une DSI.

🔎 Pourquoi ces sigles se mélangent

Parce que ça vend bien. « On s'occupe de tout » tient en une ligne. Ça rassure un dirigeant qui n'a pas de DSI. Ça rassure aussi un acheteur qui veut une seule facture. Le problème arrive au premier incident : le prestataire dit que le PHP, c'est l'hébergeur ; l'hébergeur dit que WooCommerce, ce n'est pas son métier ; personne n'a le dump restauré.

Les sigles viennent de mondes différents. La TMA vient des ESN (ex-SSII) et des contrats applicatifs. Le MCO vient de l'industrie et de la défense : maintenir un système dans l'état prévu, pas le réinventer. L'infogérance vient de l'hébergement et de l'exploitation. L'AMS (Application Management Services) est le calque anglais, souvent plus large, parfois juste un logo sur la même offre. Si le devis n'écrit pas qui restaure, qui vérifie, qui monte le PHP, le sigle ne sert à rien.

Je vois les mêmes phrases sur des WordPress vitrine et sur des PrestaShop qui font du chiffre d'affaires. « Forfait maintenance », « pack sérénité », « MCO inclus ». Sans liste, c'est du théâtre. Un site de 8 pages n'a pas besoin d'un contrat militaire. Une boutique sous charge a besoin d'un propriétaire nommé pour chaque couche.

🛠️ TMA : la tierce maintenance applicative

Clavier rétroéclairé en rouge et bleu dans le noir
Clavier rétroéclairé en rouge et bleu dans le noir

La TMA, c'est déléguer l'entretien de l'application à quelqu'un d'autre que l'équipe interne. Tierce : ce n'est pas vous. Maintenance : ce n'est pas une refonte. Applicative : c'est le CMS, le thème, les plugins, le code métier, les jobs, les formulaires, le tunnel. Pas l'hyperviseur.

Concrètement, sur un WordPress ou un PrestaShop que je prends : mises à jour testées, correctifs de sécu, monitoring d'un parcours métier, dumps restaurables, un canal pour dire « c'est down », un volume de demandes. Le forfait mensuel que je décris dans l'autre article tient là. Hors-scope : nouvelle feature, migration de version majeure, refonte, campagne qui demande un audit dédié.

La TMA n'est pas « un prestataire qui a le FTP ». C'est un périmètre écrit, une copie de test quand le geste est risqué, une vérification humaine. Sans ça, vous achetez des clics mensuels. Le jour où Elementor casse le header, vous découvrez que personne n'avait cloné le site.

  • Maj CMS, extensions, thème, testées
  • Sondes métier, pas seulement le ping home
  • Dumps restaurés, pas seulement « présents »
  • Demandes de taille S, hors-scope écrit

💡 Ce que la TMA tient, concrètement

Je prends l'application. Je ne prends pas votre VMware. Si le disque est plein, j'alerte ; je ne provisionne pas l'espace. Si PHP doit monter, je teste l'app ; l'infra pousse la version. Si un plugin Woo casse le panier, c'est moi. Si le certificat expire parce que le renouvellement Let's Encrypt est cassé côté machine, c'est l'infogéreur, avec moi dans la boucle pour vérifier le tunnel après.

Cette frontière est ennuyeuse à écrire. Elle évite trois jours d'e-mails. L'article Infogérance vs TMA : deux métiers différents détaille le trou. Ici, retenez : TMA = métier visible (page, caisse, mail, admin). Infra = ce qui rend la machine vivante.

⚙️ MCO : le maintien en condition opérationnelle

Carte mère éclairée en violet
Carte mère éclairée en violet

Le MCO dit : le système livré reste dans l'état prévu. Disponibilité, correctifs, documentation, parfois astreinte. On ne promet pas une nouvelle app. On promet que celle-ci continue de servir. Dans l'industrie, ça a un sens strict. Dans un devis web, c'est souvent un synonyme flou de « on surveille ».

Un vrai MCO applicatif ressemble à de la TMA plus formalisée : seuils, astreinte, rapports, parfois engagement de rétablissement. Un MCO « serveur » ressemble à de l'infogérance. Le mot seul ne dit pas la couche. Demandez s'il couvre le tunnel de vente ou seulement le ping. Demandez si une évolution mineure (bandeau, CSS, plugin à évaluer) est dedans ou hors-scope.

Je n'utilise le mot MCO que si le client le demande, souvent une DSI ou un marché public. Pour une PME, je dis TMA et infogérance. Deux phrases claires valent mieux qu'un sigle qui impressionne l'acheteur et trompe le métier.

🧭 AMS, support N2/N3, et les autres étiquettes

L'AMS, c'est souvent la TMA avec un slide anglais. Parfois ça inclut le run, le build léger, un chef de projet. Lisez les annexes. Si « AMS » tient en un paragraphe sans liste, c'est du marketing.

Support N1 / N2 / N3 : le N1 prend l'appel (« le site est lent »). Le N2 creuse (logs, plugin, cache). Le N3 touche le code ou l'infra profonde. Une TMA sérieuse commence au N2. Une hotline qui ouvre une demande sans accès à une copie de test n'est pas de la maintenance applicative. C'est une file d'attente.

On croise aussi TME (tierce maintenance évolutive), RUN, « factory », « centre de services ». Derrière, la même question : qui vérifie, qui déploie, qui paie l'heure au-delà du forfait. Les types de maintenance (préventive, corrective, évolutive) sont un autre découpage. Ils décrivent le geste, pas le contrat. J'y reviens dans l'article dédié.

⚠️ Infogérance : le dessous, pas le métier

L'infogérance tient disque, RAM, réseau, OS, parfois PHP, snapshots, pare-feu. « Le serveur répond ». Ce n'est pas : vérifier un panier, mettre à jour Elementor, lire un message en échec dans Symfony Messenger. Un bon infogéreur est précieux. Un infogéreur qui dit « on fait aussi la TMA Woo » sans copie de test : frontière floue.

Les backups le montrent. L'infra a des snapshots machine. La TMA a des dumps applicatifs restaurés (fichiers + base, testés). Les deux. Un snapshot qui remonte un disque d'il y a 48 h ne remet pas un plugin cassé à l'heure H. Un dump WordPress ne remplace pas un disque mort. Confondre les deux, c'est choisir le mauvais filet.

Je ne vends pas l'infogérance à la place d'un hébergeur compétent. Je m'aligne avec lui. Runbook commun : qui monte PHP, qui restaure, qui est réveillé si la caisse est down. Sans ça, le client attend pendant que deux prestataires se renvoient le 500.

  • Infra : machine, réseau, restauration disque
  • TMA : application, demandes, restauration métier
  • MCO : état prévu, à préciser (quelle couche ?)
  • AMS : lire l'annexe, pas le logo

📋 Comment lire un devis sans se faire avoir

Deux personnes en réunion autour d'un portable
Deux personnes en réunion autour d'un portable

Regardez les verbes, pas les sigles. « Surveiller » n'est pas « vérifier ». « Sauvegarder » n'est pas « restaurer ». « Illimité » n'est pas un volume. Un forfait à 39 € qui promet TMA + MCO + infogérance + demandes illimitées sur une boutique : ce n'est rien de tout ça. C'est un filet marketing.

Deux factures assumées, c'est sain : un hébergeur / infogéreur, un prestataire TMA. Une seule facture, c'est acceptable si les deux couches sont écrites, avec des responsables nommés. Une seule facture qui ment, non. Je refuse les packs « on s'occupe de ça » sans hors-scope.

Si le site est trop sale pour une TMA honnête, je le dis. L'article sur ce que je refuse de maintenir et celui sur TMA ou refonte servent à ça. Un contrat MCO sur un site empilé de plugins n'est pas de la maintenance. C'est de l'accompagnement vers l'incident.

✅ Points à vérifier avant de signer

J'écris ce que l'on touche, ce que l'on mesure, qui est propriétaire. Pour ce sujet, la mesure n'est pas un logo sur le contrat. C'est un incident joué : tunnel de vente 500, PHP à monter, plugin à remettre en arrière, dump à restaurer. Si personne ne sait qui fait quoi, le sigle est décoratif.

  • Couche nommée : app, machine, ou les deux
  • Exemple d'incident avec un propriétaire
  • Backups : snapshot et dump, restaurés
  • Volume de demandes et hors-scope (refonte, feature)
  • Copie de test si boutique ou app métier

📌 Ce que je refuse sur ce sujet

Je refuse d'appeler TMA un accès FTP mensuel. Je refuse d'appeler MCO une sonde ping. Je refuse d'appeler infogérance une offre qui touche Woo « si on a le temps ». Je refuse le forfait unique à bas prix qui promet les trois.

Je refuse aussi le silence : si le bon levier est une refonte, une TMA cadrée, ou « vous n'avez pas besoin d'un contrat militaire », je le dis. Cet article n'est pas un prétexte à vendre un pack. C'est un vocabulaire à fixer, pour que l'incident ait un propriétaire.

Un sigle sans liste n'est pas un contrat. C'est une étiquette sur une boîte vide.

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Témoignages

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Le devis mélange trois sigles ?

On écrit la frontière. Ensuite les incidents ont un propriétaire, pas une étiquette.